egales paris 18


L’incendie de Vincennes
juin 24, 2008, 10:52
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Ce samedi 21 juin, un homme, tunisien de 41 ans, est décédé d’une crise cardiaque au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Vincennes. D’après la préfecture, l’homme était seul au moment de son décès (c’est peut être le problème, d’ailleurs, puisqu’il aurait demandé à être réveillé pour pouvoir prendre ses médicaments). D’après le réseau éducation sans frontière (resf), les secours auraient mis 1/2 heure à 40 minutes à arriver.

Voici, selon le témoignage d’un retenu
donné par téléphone, comment les faits se sont déroulés samedi soir.

« Le monsieur qui est mort hier dans le centre n’était pas cardiaque.
Avant de rentrer au centre il prenait déjà des médicaments tous les
jours, il avait une ordonnance du médecin (…) Il demandait des
médicaments et on voulait pas lui en donner, l’infirmière lui donnait
pas sa dose, il demandait à d’autres retenus d’aller à l’infirmerie
pour demander sa dose. (…) La veille du jour où il est mort, il
tremblait beaucoup, il savait pas pourquoi, il se sentait malade. Peu
de temps avant de mourir, il a décidé de faire une sieste et a demandé
à son copain russe de le réveiller pour qu’il puisse aller à
l’infirmerie qui ouvre à 15 h 00. Son copain est venu une première
fois, il a essayé de le réveiller, son visage était tourné vers le
mur, on voyait pas très bien. Il a cru qu’il dormait profondément et
il a préféré le laisser dormir. Dix minutes après il est revenu, ça
s’est passé pareil. Du coup il est allé chercher un autre retenu, et
tous les deux ils ont essayé de le réveiller, ils lui ont tourné la
tête, il avait du sang sur le nez et la bouche, il était bleu
turquoise, il était tout dur, tout raide, froid. Ils ont crié au
secours, tout le monde est venu. La police a essayé d’évacuer le lieu,
les retenus exigeaient de savoir ce qui se passait. Panique totale.
Les policiers ont demandé des renforts, ils sont venus avec des
boucliers, ils ont tapé les gens dans le couloir, nous on a pas
répondu (de toute façon y a pas de pierres dans le couloir avec
lesquelles on aurait pu répondre), on a quand même été gazés. (…)
Aux va-et-vient des policiers et des pompiers on a compris qu’ils
n’avaient pas pu le sauver. J’ai demandé au chef permanent, il m’a dit
que le monsieur était dans un état critique, mais qu’il était en vie.
Il n’a pas voulu nous dire qu’il était mort pour ne pas avoir des
représailles. Le chef de rétention (il était en civil) essayait de
téléphoner mais comme il y a un problème de réseau dans le bâtiment,
il est sorti dans la cour pour téléphoner. Je suis allé le voir, je
lui demandé de m’accorder deux minutes, il a dit oui. On voulait
savoir l’état de santé du retenu, il m’a sorti le même refrain comme
quoi son état était critique, mais qu’il était en vie. Je suis resté
sceptique. (…) De l’autre côté, du côté de la porte 3, la population
s’est agitée, les policiers ont pris un retenu qui était très agité,
la population s’est alors encore plus énervée, du coup la police a
relâché le retenu. Quand ils ont sorti le mort avec le Samu et les
pompiers, j’ai encore parlé avec le chef qui me disait encore qu’il
était vivant. Et puis on nous a dit qu’il était mort à l’hôpital. »

incendie au cra de Vincennes (photo Rue89)

Photo empruntée chez Rue89

Cela a été la goutte d’eau qui a mis le feu aux poudres, si je peux me permettre cette petite note d’humour un peu noir, puisque dimanche 22 vers 15h, un incendie s’est déclaré aux deux CRA de Vincennes, qui depuis ont complêtement brûlé. Devant l’impossibilité d’éteindre le feu, les sans-papiers retenus ont été sortis et déplacés dans d’autres CRA de France (la Cimade donne les précisions suivantes : 100 personnes à Nîmes, 54 à Lille, 17 à Rouen, 16 à Palaiseau (Essonne), et 40 au Dépôt, situé dans l’enceinte du palais de justice de Paris et normalement dévolu aux femmes). La procédure n’ayant pas été respectée dans l’urgence, une partie des sans-papiers retenus à Vincennes ont été libérés, une partie des femmes retenues au Palais de Justice de Paris également… comme quoi on peut faire du positif à partir de négatif.

Le député UMP Frédéric Lefêbvre, qui n’a pas peur de sortir une énormité, a suivi le fameux principe, “Plus c’est gros, plus ça passe”, qui a été mis en pratique par un des maîtres à penser (Jean-Pierre “Positive Attitude” Raffarin) de son Grand Maître à talonnettes, Nicolas “Kärcher” Sarkozy : il a accusé les manifestants qui se trouvaient devant le CRA d’avoir leur part de responsabilité dans cette histoire “Il n’est pas tolérable que des “collectifs”, type RESF (Réseau Education Sans Frontières) viennent faire des provocations aux abords de ces centres au risque de mettre en danger des étrangers retenus” dit dans un communiqué à la presse ce porte-parole de l’UMP, par une inversion des faits qui permettra, pense-t-il, d’oublier que l’inhumanité des traitements faits aux sans-papiers, arrêtés, licenciés de fait, séparés de leurs familles (il existe de nombreux exemples d’enfants en bas âges laissés seuls et secourus par resf, les “forces de l’ordre” connaissant l’existance de ces enfants), entassés dans des centres, expulsés dans des conditions qui sont telles que parfois les autres passagers, voire même l’équipage de l’avion, réagissent et bloquent celui-ci, et laissés à l’abandon sur le tarmac d’un aéroport, sans pouvoir retourner dans leur famille à qui ils étaient sensés apporter des moyens de subsistance.

Réponse de resf : “Le discours serait d’un comique vulgaire s’il ne visait à masquer une réalité dramatique : le sort réservé aux sans papiers par la politique du gouvernement que soutient M. Lefebvre qui les condamne à la terreur tant qu’ils sont libres, au désespoir complet quand ils sont internés et en attente de leur bannissement.

(…) comment ne pas comprendre leurs gestes de désespoir, le plus souvent d’ailleurs retournés contre eux-mêmes, auto-mutilations ou tentatives de suicide. Ces désespérés n’ont assurément pas besoin de la présence de quelques militants pour être poussés à bout. Au-delà de sa sottise, la réaction du parlementaire par héritage manifeste un regret : celui que les persécutions infligées aux sans papiers ne restent pas confinées dans le secret des commissariats, des préfectures et des centres de rétention.

(…) l’UMP qui n’hésite pas à ratisser large en matière de poursuites judiciaires quand il ne s’agit pas de ses membres, voudrait y inclure le réseau. C’est le coup classique du pyromane qui crie au feu et dénonce des innocents. Les responsables de l’incendie de Vincennes sont ceux que sert M. Lefebvre avec tant de reconnaissance : MM. Hortefeux et Sarkozy”.

sources :

resf

rue89

le Monde

et même le site sur le député Lefevre



Nadine Morano fait le marché
mars 21, 2008, 10:39
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Ce qui est bien, c’est que comme ça si on avait un doute, il est levé : la nouvelle secrétaire d’État à la Famille auprès du ministre du Travail, des Relations sociales, de la Famille et de la Solidarité (nommée deux jours après sa défaite à Toul :-) ), c’est pas notre amie !!!



CREATION DU PREMIER GRAND MARCHE SOCIAL DE LA RECUPERATION

On a parlé dans “Le Mur… Râle” n° zéro des Biffins de la Porte Montmartre. Voici une initiative qui va avoir lieu prochainement grâce à eux :

Dimanche 17 février à 11h venez soutenir les biffins de la porte Montmartre DEVANT LA MAIRIE DU XVIII° ARRONDISSEMENT, DANS UN

GRAND MARCHE SOCIAL DE LA RECUPERATION.
Venez acheter pas cher des objets aux biffins . Mais venez aussi leur donner des objets, des habits qu’ils revendront pour pas cher.
Les biffins sont des vendeurs réduit à la sauvette et necessiteux .
Et nous voulons un statut comme cela existait il y a encore 5 ans pour les indigents .

(Contact Association Sauve qui peut : les-biffins-de-la-porte-montmartre@hotmail.fr)



KOKOPELLI : biodiversité, la fin des illusions
janvier 31, 2008, 2:20
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info du site Kokopelli

KOKOPELLI : biodiversité, la fin des illusions

Les verdicts sont tombés : l’association Kokopelli est lourdement condamnée :
  • 12.000€ pour le grainetier Baumaux
  • 23.000€ pour l’état et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF).
Il faut être réaliste : les semences que défend l’association Kokopelli, étant maintenues dans l’illégalité par une volonté politique, nous ne pouvions pas gagner ces procès.

Malgré les directives européennes, les avis de l’ONU, du Sénat, de scientifiques, d’agronomes affirmant l’urgence de sauvegarder la biodiversité végétale alimentaire, l’état français refuse de libérer l’accès aux semences anciennes pour tout un chacun.
C’est ce qui permet aujourd’hui aux magistrats d’infliger ces lourdes peines à l’association Kokopelli.Dans le cas du procès de la SAS Baumaux pour concurrence déloyale, M. Baumaux verra donc son bénéfice de 800.000€ augmenté de 10.000€ et recevra 2.000€ pour ses frais.L’état français recevra 17.500€ au motif que KOKOPELLI vend des semences illégales, 5.000€ seront consacrés aux frais et à l’information du bon peuple sur les pratiques dangereuses de l’association KOKOPELLI. Les semences qui ont nourri nos grands-parents et qui servent à nous nourrir aujourd’hui par le jeux des croisements, sont donc devenues illégales et dangereuses.

Nous avons eu droit au grenelle de l’environnement : il faut sauver la biodiversité ! alors pourquoi condamner une association qui sauvegarde avec ses adhérents et ses sympathisants, plus de 2500 variétés en risque de disparition ? Pourquoi condamner ces semences dont la FAO reconnaît qu’elles sont une des solutions pour assurer la souveraineté alimentaire, face aux dérèglements climatiques et à l’augmentation de la population mondiale ? Pourquoi les mêmes variétés, selon qu’elles sont vendues par KOKOPELLI ou d’autres opérateurs entraînent condamnation ou mansuétude ? Pourquoi les grandes surfaces vendent des fruits et légumes issus des variétés interdites à KOKOPELLI, en toute impunité (en tout cas à notre connaissance).


Les condamnations infligées à KOKOPELLI
ne sont donc pas à chercher dans la nature des
semences que protège l’association, mais dans ses actions.

L’association propose aux jardiniers, aux paysans, d’être autonomes et responsables, face au vivant. Dans notre société du tout marchandise, c’est intolérable. Le plus grand grief (sous jacent) fait aux semences anciennes ou de pays, est d’être reproductibles et qui plus est adaptables à de très nombreuses conditions de cultures, sans le soutien de l’agro chimie. Voilà la faute de KOKOPELLI : conserver le levain des savoirs populaires, agronomiques et génétiques. A l’heure où l’on veut nous faire croire que le tout hybride, OGM, chimique, énergie fossile, sont les seules possibilités d’assurer notre alimentation, propager l’autonomie semencière par l’exemple est devenu répréhensible. Ce qu’il faut retenir de ces condamnations, c’est la volonté affichée d ‘éradiquer les alternatives techniques et semencières autonomes.Depuis 15 ans, KOKOPELLI protège la diversité de nos jardins, de nos champs, de nos assiettes, tout en essayant de faire évoluer le cadre juridique vers une reconnaissance de la valeur agronomique et culturelle des variétés reproductibles : L’ETAT FRANÇAIS NOUS A FAIT ECHOUER. Aujourd’hui, la disparition potentielle de KOKOPELLI ouvre un boulevard à l’uniformisation culturelle et productiviste agricole. La disparition de la « vraie » biodiversité basée sur la variabilité génétique d’une multitude de variétés locales ne sera jamais, et de très loin, compensée par la multiplicité de quelques variétés clonées.
Il est intéressant de noter la similitude des actions et de la répression envers les faucheurs volontaires, les amis de l’ortie, les défenseurs de l’herboristerie et KOKOPELLI : chacun cherche à sa façon, à protéger et promouvoir la vie et la continuité des savoirs. Pour notre gouvernement, tout cela est devenu répréhensible ! Face à ses contradictions, entre ses déclarations enflammées du Grenelle de l’Environnement et les condamnations qu’il obtient contre les défenseurs de la biodiversité, gageons que l’état français mettra un point d’honneur à prendre en réelle considération le devenir des générations futures.L’association KOKOPELLI a toujours proposé la résistance fertile non violente et le dialogue, peut-être étions-nous trop en avance ? Mais maintenant, sauver la biodiversité est d’une extrême urgence. Si l’agriculture productiviste que protége le gouvernement se trompe, vous trompe, nous trompe, quelle stratégie de repli aurons-nous ? Si nos élus ont contribué à éradiquer notre patrimoine semencier alimentaire ?

La solution est dans votre camp, mesdames et messieurs nos gouvernants. Une fois, vous avez pu revendiquer « responsables, mais pas coupables ». Devant la faim du peuple, cet argument ne tient pas.
N’obscurcissez pas l’avenir, il l’est déjà suffisamment.

Mais peut-être faut-il lancer un appel : aux semences, citoyens !

Raoul JACQUIN